—On parle de la terre, grand'maman.

—Qu'est-ce qu'on dit de la terre? Est-ce qu'il est arrivé quelque chose?

—Non, non. M. Miller disait que notre terre est meilleure que le pré de Mullins.

—Qu'est-ce qu'il en sait? demanda la vieille dame avec indignation. Miller est un fat impertinent, et vous pouvez le lui dire de ma part.» Ayant proféré cette sentence, la vieille dame se redressa, et regarda le délinquant d'un air sévère, sans se douter un seul instant qu'elle avait parlé de manière à être entendue de tout le monde.

—Allons! allons! fit M. Wardle en s'empressant avec une anxiété naturelle de changer la conversation; que dites-vous d'un whist, monsieur Pickwick?

—Je l'aimerais par-dessus toute chose; mais, je vous prie, ne le faites pas à cause de moi.

—Oh! je vous assure que ma mère aime beaucoup à faire son whist. N'est-ce pas vrai, ma mère?»

La vieille dame, qui était beaucoup moins sourde sur ce sujet que sur tout autre, répondit affirmativement.

«Joe! Joe! cria le vieux gentleman, Joe! damné garçon.... Ah! le voilà! Dressez les tables de jeu.»

Le léthargique jeune homme vint à bout de dresser, sans autre stimulant, deux tables de jeu: l'une pour faire le whist, l'autre pour jouer à la papesse Jeanne. Les joueurs de whist étaient: M. Pickwick et la vieille lady, M. Miller et le gros gentleman. L'autre jeu comprenait le reste de la société.