—Arrivez-vous à l'instant? lui demanda M. Tupman, en le transperçant du regard.

—A l'instant,» répondit-il.

M. Tupman le considéra de nouveau très-fixement, mais ses yeux ne clignèrent pas; il n'y avait pas un pli sur son visage.

M. Tupman prit le bras de la tante demoiselle, et marcha avec elle vers la maison; le jeune homme les suivit par derrière.

«Il ne sait rien de ce qui vient de se passer, dit tout bas l'heureux pickwickien.

—Rien,» répliqua la dame.

Un bruit se fit entendre derrière eux, semblable à un ricanement étouffé. M. Tupman se retourna vivement. Non... ce ne pouvait pas être le gros joufflu: on ne distinguait pas sur son visage le moindre rayon de gaieté; on n'y voyait que de la gloutonnerie.

«Il dormait sans doute tout en marchant, chuchota M. Tupman.

—Je n'en ai pas le moindre doute,» répartit la tante demoiselle; et alors ils se mirent à rire tous les deux.

Ils se trompaient, cependant. Une fois en sa vie le léthargique jeune homme n'était pas endormi. Il était éveillé, bien éveillé, et il avait tout remarqué.