Le jeune lord rit de tout son cœur de cette anecdote, et les auditeurs en firent autant, bien entendu.

«Charmant jeune homme! dit le maître des cérémonies à M. Pickwick.

—Il en a l'air,» répliqua sèchement le philosophe.

La danse ayant commencé, les présentations nécessaires ayant été faites, et tous les préliminaires étant arrangés, Angelo Bantam rejoignit M. Pickwick et le conduisit dans les salons de jeux.

Au moment de leur entrée, lady Snuphanuph et deux autres ladies, d'une apparence antique, et qui sentait le whist, erraient tristement autour d'une table inoccupée. Aussitôt qu'elles aperçurent M. Pickwick, sous la conduite d'Angelo Bantam, elles échangèrent entre elles des regards qui voulaient dire que c'était là justement la personne qu'il leur fallait pour faire un rob.

«Mon cher Bantam, dit la lady douairière Snuphanuph, d'un air engageant, trouvez-nous donc quelque aimable personne pour faire un whist, comme une bonne âme que vous êtes.»

Dans ce moment M. Pickwick regardait d'un autre côté, de sorte que milady fit un signe de tête expressif en l'indiquant.

Le maître des cérémonies comprit ce geste muet.

«Milady, répondit-il, mon ami M. Pickwick s'estimera, j'en suis sûr, très-heureux, re-marquablement.—M. Pickwick, lady Snuphanuph, Mme la colonel Wugsby, miss Bolo.»

M. Pickwick salua et voyant qu'il était impossible de s'échapper, se résigna. On tira les places, et M. Pickwick se trouva avec miss Bolo, contre lady Snuphanuph et Mme Wugsby.