«Allons! monsieur. Qu'est-ce que c'est?» répliqua Sam, en lui rendant sa bousculade avec les intérêts composés.
«Allons, allons! mon garçon, ça ne prend pas avec moi, rétorqua l'étranger, en élevant la voix et en devenant tout blanc. Ici, Smouch.
—Ben! quoi qui gnia,» grommela l'homme à la redingote brune, qui pendant ce court dialogue s'était graduellement avancé dans la cour.
«C'est ce jeune homme qui fait l'insolent,» dit le principal, en poussant Sam de nouveau.
«Ohé, pas de bêtises!» gronda Smouch, en bourrant Sam beaucoup plus fort.
Ce compliment eut le résultat qu'en attendait l'habile M. Smouch: car tandis que Sam, empressé d'y répondre, le froissait contre la porte, le principal se faufilait, et pénétrait jusqu'au bureau. Sam l'y suivit immédiatement, après avoir échangé avec M. Smouch quelques arguments, composés principalement d'épithètes.
«Bonjour, ma chère, dit le principal, en s'adressant à la jeune personne du bureau, avec une aisance de détenu libéré. Où est la chambre de M. Pickwick, ma chère?
—Conduisez-le,» dit la jeune lady au garçon, sans daigner jeter un second coup d'œil au fashionable.
Le garçon se mit en route, suivi du personnage; Sam venait derrière, et tant le long de l'escalier se soulageait par d'innombrables gestes de défi et de mépris suprême, à la grande satisfaction des domestiques et des autres spectateurs de cette scène. M. Smouch, qui était troublé par une grosse toux, resta en bas, et expectora dans le passage.
M. Pickwick était profondément endormi dans son lit, quand ce visiteur matinal entra dans sa chambre, toujours suivi par Sam. Le bruit de cette intrusion le réveilla.