—Eh bien! qu'est-ce que ça a affaire ici?

—Voila; c'est que je veux favoriser l'invention et me faire mettre dedans de cette manière là. Pas de manigances avec le chancelier; je n'aime pas ça. Ce n'est peut-être pas bien sain, pour ce qui est d'en ressortir.»

Déférant sur ce point au sentiment de son fils, M. Weller alla retrouver M. Salomon Pell et lui communiqua son désir d'obtenir sur-le-champ une prise de corps pour la somme de vingt-cinq livres sterling et les frais, contre un certain Samuel Weller; la dépense à ce nécessaire devant être payée d'avance à Salomon.

L'homme d'affaires était de fort bonne humeur, car son client venait de recevoir sa décharge. Il approuva hautement l'attachement de Sam pour son maître, déclara que cela lui rappelait fortement ses propres sentiments de dévouement pour son ami, le chancelier, et mena sans délai M. Weller au Temple, pour y prêter serment au sujet de la dette dont l'attestation venait d'être dressée sur place, par le petit clerc, assisté du sac bleu.

Pendant ce temps Sam ayant été formellement présenté au gentleman, qui venait d'être libéré du poids de ses dettes, et à ses amis, comme le rejeton de M. Weller, de la Belle Sauvage, fut traité avec une distinction marquée, et invité à se régaler avec eux en l'honneur de la circonstance, invitation qu'il accepta sans aucune espèce de difficulté.

La gaieté des gentlemen de cette classe est ordinairement d'un caractère grave et tranquille; mais il s'agissait là d'une réjouissance toute particulière, et ils se relâchèrent, en proportion, de leur gravité accoutumée. Après quelques toasts assez tumultueux, en l'honneur du chef des commissaires et de M. Salomon Pell, qui venait de déployer une habileté si transcendante, un gentleman, au teint marbré de rouge, qui avait pour cravate un châle bleu, proposa de chanter. La réplique naturelle était que le gentleman au teint marbré, qui désirait une chanson, la chantât lui-même; mais il s'y refusa fermement, et même d'un air légèrement offensé: il s'ensuivît comme cela arrive assez souvent en pareil cas, un colloque aigre doux.

«Gentlemen, dit le client de M. Pell, plutôt que de détruire l'harmonie de cette délicieuse réunion, peut-être que M. Samuel Weller voudra bien obliger la société.

—Réellement, gentlemen, dit Sam, je ne suis pas trop dans l'habitude de chanter sans instrument; mais faut tout faire pour une vie tranquille, comme dit le marin, quand il accepta la place de gardien du phare.»

Après ce léger prélude, M. Samuel Weller se lança tout à coup dans l'admirable légende que nous prenons la liberté d'imprimer ci-dessous, car nous pensons qu'elle n'est pas généralement connue. Nous prions les lecteurs de vouloir bien remarquer les dissyllabes qui terminent le premier et le quatrième vers, et qui, non-seulement permettent au chanteur de reprendre haleine un cet endroit, mais en outre favorisant singulièrement le mètre.

ROMANCE.