—Eh!... fit Sam, en mouchant la chandelle, je suppose que vous avez fait des dettes pour commencer?
—Je n'ai jamais dû un liard; devinez encore.
—Eh bien! peut-être que vous avez acheté des maisons, ce qui veut dire devenir fou en langage poli; ou bien que vous vous êtes mis à bâtir, ce qu'on appelle être incurable, en langage médical.»
Le savetier secoua la tête et dit: «Essayez encore.
—J'espère que vous ne vous êtes pas amusé à plaider? poursuivit Sam, d'un air soupçonneux.
—C'est pas dans mes mœurs. Le fait est que j'ai été ruiné pour avoir fait un héritage.
—Allons! allons! ça ne prendra pas. Je voudrais bien avoir un riche ennemi qui tramerait ma destruction de cette manière-là. Je me laisserais faire.
—Ah! j'étais sûr que vous ne me croiriez pas, dit le savetier, en fumant sa pipe avec une résignation philosophique. J'en ferais autant à votre place. C'est pourtant vrai malgré ça.
—Comment ça se peut-il? demanda Sam, déjà à moitié convaincu par l'air tranquille du savetier.
—Voilà comment. Un vieux gentleman, pour qui je travaillais dans la province, et dont j'avais épousé une parente (elle est morte, grâce à Dieu! puisse-t-il la bénir!) eut une attaque et s'en alla.