—Prisonnier, s'écria M. Winkle avec une véhémence inconcevable.

—Ohé, monsieur? reprit Sam, en levant la tête; qu'est-ce qu'il y a, monsieur?

—J'avais espéré Sam, que.... C'est-à-dire.... Rien, rien,» répondit M. Winkle précipitamment.

Il y avait quelque chose de si brusque et de si égaré dans les manières de M. Winkle, que M. Pickwick regarda involontairement ses deux amis, comme pour leur demander une explication.

«Nous n'en savons rien, dit M. Tupman, en réponse à ce muet appel. Il a été fort agité ces deux jours-ci, et tout à fait différent de ce qu'il est ordinairement. Nous craignions qu'il n'eût quelque chose, mais il le nie résolûment.

—Non, non, dit M. Winkle en rougissant sous le regard de M. Pickwick, je n'ai vraiment rien, je vous assure que je n'ai rien, mon cher monsieur; seulement je serai obligé de quitter la ville, pendant quelque temps, pour une affaire privée, et j'avais espéré que vous me permettriez d'emmener Sam.»

La physionomie de M. Pickwick exprima encore plus d'étonnement.

«Je pense, balbutia M. Winkle, que Sam ne s'y serait pas refusé; mais évidemment cela devient impossible, puisqu'il est prisonnier ici. Je serai donc obligé d'aller tout seul.»

Pendant que M. Winkle disait ceci, M. Pickwick sentit, avec quelque étonnement, que les doigts de Sam tremblaient en attachant ses guêtres, comme s'il avait été surpris ou ému. Quand M. Winkle eut cessé de parler, Sam leva la tête pour le regarder, et quoique le coup d'œil qu'ils échangèrent ne dura qu'un instant, ils eurent l'air de s'entendre.

«Sam, dit vivement M. Pickwick, savez-vous quelque chose de ceci?