«Qu'est-ce qu'il y a de nouveau, monsieur Jackson? demanda Mme Bardell avec anxiété.
—Rien du tout, madame, répondit Jackson. Comment ça va-t-il, madame? Je vous demande pardon, madame, de vous déranger, mais la loi, madame, la loi....» En proférant cette apologie, M. Jackson sourit, fit un salut commun à toutes les dames, et donna à ses cheveux un autre tour. Mme Rogers chuchota à Mme Raddle que c'était réellement un jeune homme bien élégant.
«Je suis allé chez vous, reprit Jakson, et en apprenant que vous étiez ici, j'ai pris une voiture et je suis venu. Nous avons besoin de vous sur-le-champ, madame Bardell.
—Besoin de moi! s'écria la dame, que la soudaineté de cette communication avait fait tressaillir.
—Oui, dit Jackson en se mordant les lèvres, c'est une affaire très-importante, très-pressante, et qui ne peut pas être remise. Dodson me l'a dit expressément et Fogg aussi. Tellement que j'ai gardé la voiture pour vous remmener.
—Quelle drôle de chose!» s'écria Mme Bardell.
Toutes les dames convinrent que c'était fort drôle, mais elles furent unanimement d'avis que ce devait être fort important; sans quoi Dodson et Fogg n'auraient pas envoyé à Hampstead. Enfin elles ajoutèrent que, puisque l'affaire était importante, Mme Bardell ferait bien de se rendre sur-le-champ à l'étude.
Lorsqu'on est demandé avec une hâte si monstrueuse par son homme d'affaires, cela donne un certain degré de relief, qui n'était nullement désagréable à Mme Bardell. En effet, elle pouvait raisonnablement espérer que cela la rehausserait dans l'opinion de sa locataire, elle fit quelques minauderies, affecta beaucoup de vexation et d'hésitation, mais elle conclut, à la fin, qu'elle ferait bien de s'en aller. Ensuite elle ajouta d'une voix persuasive: «Vous vous rafraîchirez bien un peu après votre course, monsieur Jackson?
—Réellement, il n'y a pas beaucoup de temps à perdre; et puis j'ai là un ami, répondit Jackson en montrant l'homme au bâton de frêne.
—Oh! mais, monsieur, faites entrer votre ami.