Consolé par cette réflexion, M. Lowten ôta la cheville de sa clef, ouvrit la porte, rechevilla et rempocha son bramah, recueillit les lettres que le facteur avait mises dans la boîte, et introduisit M. Pickwick dans son cabinet. Là, en un clin d'œil, il se dépouilla de son habit, tira d'un pupitre et endossa un vêtement râpé jusqu'à la corde, accrocha son chapeau, tira quelques feuilles de papier-cartouche, disposées par lits alternatifs avec des feuillets de papier buvard, et posant sa plume sur son oreille, frotta ses mains avec un air de grande satisfaction.
«Vous voyez, monsieur Pickwick, me voilà au grand complet! J'ai mis mon habit de bureau, ma boutique est ouverte; il peut venir maintenant aussi vite qu'il voudra. Est-ce que vous n'avez pas une prise de tabac à me donner?
—Je n'en ai pas, malheureusement.
—Tant pis! mais c'est égal, je vais courir chercher une bouteille de soda-water. N'ai-je pas quelque chose de drôle dans les yeux, monsieur Pickwick?»
Le philosophe consulté examina d'une certaine distance les yeux de M. Lowten, et exprima son opinion qu'ils n'avaient rien de plus drôle qu'à l'ordinaire.
«J'en suis bien aise, reprit leur possesseur. Nous ne nous en sommes pas mal donné, la nuit passée, à la Souche, et je me sens tout farce, ce matin.—À propos, Perker s'occupe de votre affaire.
--Quelle affaire? Les frais pour mistress Bardell?
—Non, l'affaire du débiteur pour qui nous avons racheté les dettes, par votre ordre, à un rabais de cinquante pour cent. Perker va le tirer de prison et l'envoyer à Demerary.
—Ha! M. Jingle, dit vivement M. Pickwick. Eh bien!
—Eh bien! tout est arrangé, répondit Lowten, en surcoupant sa plume. L'agent de Liverpool a dit qu'il avait été obligé par vous bien des fois, quand vous étiez dans les affaires, et qu'il le prendrait avec plaisir, sur votre recommandation.