—C'était judicieux, fit remarquer Perker. Et quoi encore, mon cher monsieur?

—J'ai grondé et crié toute la journée suivante; mais à la fin, lassé de rendre tout le monde, et moi-même, misérable, j'ai loué une voiture à Muggleton, et je suis venu ici sous prétexte d'amener Émily pour voir Arabelle.

—Miss Wardle est avec vous, alors? dit M. Pickwick.

—Certainement, elle est en ce moment à l'hôtel d'Osborne à moins que votre entreprenant ami ne l'ait enlevée depuis que je suis sorti.

—Vous êtes donc réconciliés? demanda Perker.

—Pas du tout; elle n'a fait que languir et pleurer depuis ce temps-là, excepté hier soir; entre le thé et le souper; car alors elle a fait grande parade d'écrire une lettre, ce dont j'ai fait semblant de ne point m'apercevoir.

—Vous voulez avoir mon avis dans cette affaire, à ce que je suppose? dit Perker en regardant successivement la physionomie réfléchie de M. Pickwick, et la contenance inquiète de Wardle, et en prenant plusieurs prises consécutives de son stimulant favori.

—Je le suppose, répondit Wardle, en regardant M. Pickwick.

—Certainement, répliqua celui-ci.

—Eh bien! alors, dit Perker en se levant et en repoussant sa chaise, mon avis est que vous vous en alliez tous les deux vous promener, à pied ou en voiture, comme vous voudrez; car vous m'ennuyez; vous causerez de cette affaire-là ensemble. Et si vous n'avez pas tout arrangé la première fois que je vous verrai, je vous dirai ce que vous avez à faire.