Sam Weller fit un signe affirmatif.
«J'en suis charmé, dit M. Pickwick, en jetant énergiquement son bonnet sur son couvre-pieds. Ce sont d'aimables jeunes gens, dont le jugement est mûri par l'habitude d'observer et de réfléchir; dont les goûts sont épurés par l'étude et par la lecture: je serai charmé de les voir.
—Ils fument des cigares au coin du feu dans la cuisine, dit Sam.
—Ah! fit M. Pickwick en se frottant les mains, justement ce que j'aime: surabondance d'esprits animaux et de socialité.
—Et il y en a un, poursuivit Sam, sans remarquer l'interruption de son maître; il y en a un qui a ses pieds sur la table, et qui pompe ferme de l'eau-de-vie; pendant que l'autre qui parait amateur de mollusques, a pris un baril d'huîtres entre ses genoux, il les ouvre à la vapeur, et les avale de même, et avec les coquilles il vise not' jeune popotame qui est endormi dans le coin de la cheminée.
—Excentricités du génie, Sam. Vous pouvez vous retirer.»
Sam se retira, en conséquence, et M. Pickwick, au bout d'un quart d'heure, descendit pour déjeuner.
«Le voici à la fin, s'écria le vieux Wardle. Pickwick, je vous présente le frère de miss Allen, M. Benjamin Allen. Nous l'appelons Ben, et vous pouvez en faire autant, si vous voulez. Ce gentleman est son ami intime, monsieur....
—M. Bob Sawyer,» dit M. Benjamin Allen. Et là-dessus, M. Bob Sawyer et M. Benjamin Allen éclatèrent de rire en duo.
M. Pickwick salua Bob Sawyer, et Bob Sawyer salua M. Pickwick; après quoi Ben et son ami intime s'occupèrent très-assidûment des comestibles, ce qui donna au philosophe la facilité de les examiner.