«Sam, arrêtez-le! s'écria M. Pickwick d'un ton sérieux. Rattrapez-le! ramenez-le moi sur-le-champ, Monsieur Weller, arrêtez, arrêtez!»
Sam vit qu'il ne fallait pas badiner avec les injonctions de son maître. Il saisit son père par le bras, comme il descendait l'escalier, et le ramena de vive force.
«Mon ami, dit M. Pickwick en le prenant par la main, votre honnête confiance me confond.
—Il n'y a pas de quoi, monsieur, repartit le cocher, d'un ton obstiné.
—Je vous assure, mon ami, que j'ai plus d'argent qu'il ne m'en faut; bien plus qu'un homme de mon âge ne pourra jamais en dépenser.
—On ne sait pas ce qu'on peut dépenser tant qu'on n'a pas essayé.
—C'est possible; mais comme je ne veux pas faire cette expérience-là, il n'est guère probable que je tombe dans le besoin. Je dois donc vous prier de reprendre ceci, monsieur Weller.
—Très-bien, répliqua le vieux cocher d'un ton mécontent. Faites attention à ceci, Samivel; je ferai un acte de désespéré avec cette propriété; un acte de désespéré!
—Je ne vous y engage pas,» répondit Sam.
M. Weller réfléchit pendant quelque temps, puis, boutonnant son habit d'un air déterminé, il dit: je tiendrai un turnpike[27].