—Je le pensais bien aussi, monsieur, répliqua Sam; et les spectateurs rirent encore.

—Bien. Je suppose que vous y êtes allé pour causer un peu du procès, eh! monsieur Weller? reprit l'avocat, en lançant un coup d'œil malin au jury.

—J'y suis allé pour payer le terme; mais nous avons causé un brin du procès.

—Ah! vous en avez causé? répéta Me Buzfuz dont le visage devint radieux, par l'anticipation de quelque importante découverte. Voulez-vous avoir la bonté de nous raconter ce qui s'est dit à ce propos, monsieur Weller?

—Avec le plus grand plaisir du monde, monsieur. Après quelques observations guère importantes des deux respectables dames qui ont déposé ici aujourd'hui, elles se sont quasi pâmées d'admiration sur la vertueuse conduite de MM. Dodson et Fogg, ces deux gentlemen qui sont assis à côté de vous maintenant.»

Ceci, bien entendu, attira l'attention générale sur Dodson et Fogg qui prirent un air aussi vertueux que possible.

«Ah! dit Me Buzfuz, ces dames parlèrent donc avec éloge de l'honorable conduite de MM. Dodson et Fogg, les avoués de la plaignante, hein?

—Oui, monsieur. Elles dirent que c'était une bien généreuse chose de leur part de prendre cette affaire-là par spéculation, et de ne rien demander pour les frais, s'ils ne les faisaient pas payer à M. Pickwick.»

À cette réplique inattendue, les spectateurs ricanèrent encore, et Dodson et Fogg, qui étaient devenus tout rouges, se penchèrent vers Me Buzfuz, et d'un air très-empressé lui chuchotèrent quelque chose dans l'oreille.

«Vous avez complètement raison, répondit tout haut l'avocat, avec une tranquillité affectée. Il est parfaitement impossible de tirer quelque éclaircissement de l'impénétrable stupidité du témoin. Je n'abuserai point des moments de la cour en lui adressant d'autres questions. Vous pouvez descendre, monsieur.