—En voilà une de sévère, monsieur!
—Une quoi?
—Une histoire, monsieur. J'ai bien peur que le propriétaire de cette voiture-ci ne nous fasse quelque impertinence.
—Comment cela, Sam? Est-ce que nos noms ne sont point sur la feuille de route?
—Certainement qu'ils y sont, monsieur; mais ce qui est plus fort, c'est qu'il y en a un qui est sur la porte de la voiture.»
En parlant ainsi, Sam montrait à son maître cette partie de la portière où se trouve ordinairement le nom du propriétaire; et là, en effet, se lisait en lettres dorées, d'une raisonnable grandeur, le nom magique de Pickwick.
«Voilà qui est curieux! s'écria M. Pickwick, tout à fait étourdi de cette coïncidence; quelle chose extraordinaire!
—Oui; mais ce n'est pas tout, reprit Sam en dirigeant de nouveau l'attention de son maître vers la portière. Non contents d'écrire Pickwick, ils mettent Moïse devant. Voilà ce que j'appelle ajouter l'injure à l'insulte, comme disait le perroquet quand on lui a appris à parler anglais, après l'avoir emporté de son pays natal.
—Cela est certainement assez singulier, Sam; mais si nous restons là, debout, nous perdrons nos places.
—Comment! est-ce qu'il n'y a rien à faire en conséquence, monsieur? s'écria Sam tout à fait démonté par la tranquillité avec laquelle M. Pickwick se préparait à s'enfoncer dans l'intérieur.