— Du moins vous n'êtes pas sans le sou. Vous avez quelque argent, vous faisiez des emplettes ce soir.
— Il me reste peu de chose. Quelques schellings.
— Donnez-moi votre bourse. Vous l'aviez dans votre main à la porte. Donnez-la-moi.»
Elle alla vers la table, et mit sa bourse dessus. Il étendit son bras sur la table, prit la bourse, et en compta le contenu dans la main. Comme il était à compter, elle écouta un moment, et s'élança vers lui.
«Prenez ce qu'il y a, prenez tout, prenez plus s'il y avait plus, mais allez-vous-en avant qu'il soit trop tard. Je viens d'entendre dehors un pas étrange que je connais bien. Ce pas va revenir tout de suite. Allez-vous-en.
— Que voulez-vous dire?
— Ne vous arrêtez pas à le demander; je ne vous répondrais pas. Quelque horreur que j'aie à vous toucher, je vous traînerais à la porte, si j'en avais la force, plutôt que de vous laisser perdre un instant. Misérable, fuyez de ce lieu.
— S'il y a des espions dehors, je suis plus en sûreté ici, répliqua l'homme debout et effaré. Je resterai ici, et je ne fuirai pas que le danger ne soit passé.
— Il est trop tard! cria la veuve qui avait écouté ce pas, sans faire attention à ce qu'il disait; entendez-vous ce pas sur le sol? Est-ce qu'il ne vous fait pas trembler? C'est mon fils, mon fils idiot!»
Comme elle disait cela d'un air égaré, on frappa pesamment à la porte. Ils s'entre-regardèrent elle et lui.