— Un seul, répondit Scrooge.
— C'est vrai, dit le spectre, votre neveu.»
Scrooge parut mal à l'aise et répondit brièvement: «Oui.»
Quoiqu'ils n'eussent fait que quitter la pension en ce moment, ils se trouvaient déjà dans les rues populeuses d'une ville, où passaient et repassaient des ombres humaines, où des ombres de charrettes et de voitures se disputaient le pavé, où se rencontraient enfin le bruit et l'agitation d'une véritable ville. On voyait assez clairement, à l'étalage des boutiques, que là aussi on célébrait le retour de Noël; mais c'était le soir, et les rues étaient éclairées.
Le spectre s'arrêta à la porte d'un certain magasin, et demanda à
Scrooge s'il le reconnaissait.
«Si je le reconnais! dit Scrooge. N'est-ce pas ici que j'ai fait mon apprentissage?»
Ils entrèrent. À la vue d'un vieux monsieur en perruque galloise, assis derrière un pupitre si élevé, que, si le gentleman avait eu deux pouces de plus, il se serait cogné la tête contre le plafond, Scrooge s'écria en proie à une grande excitation:
«Mais c'est le vieux Fezziwig! Dieu le bénisse! C'est Fezziwig ressuscité!»
Le vieux Fezziwig posa sa plume et regarda l'horloge qui marquait sept heures. Il se frotta les mains, rajusta son vaste gilet, rit de toutes ses forces, depuis la plante des pieds jusqu'à la pointe des cheveux, et appela d'une voix puissante, sonore, riche, pleine et joviale:
«Holà! oh! Ebenezer! Dick!»