— Bonsoir,» répéta Scrooge.

Son neveu quitta la chambre sans dire seulement un mot de mécontentement. Il s'arrêta à la porte d'entrée pour faire ses souhaits de bonne année au commis, qui, bien que gelé, était néanmoins plus chaud que Scrooge, car il les lui rendit cordialement.

«Voilà un autre fou, murmura Scrooge, qui l'entendit de sa place: mon commis, avec quinze schellings par semaine, une femme et des enfants, parlant d'un gai Noël. Il y a de quoi se retirer aux petites maisons.»

Ce fou fieffé donc, en allant reconduire le neveu le Scrooge, avait introduit deux autres personnes. C'étaient deux messieurs de bonne mine, d'une figure avenante, qui se tenaient en ce moment, chapeau bas, dans le bureau de Scrooge. Ils avaient à la main des registres et des papiers, et le saluèrent.

«Scrooge et Marley, je crois? dit l'un d'eux en consultant sa liste. Est-ce à M. Scrooge ou à M. Marley que j'ai le plaisir de parler?

— M. Marley est mort depuis sept ans, répondit Scrooge. Il y a juste sept ans qu'il est mort, cette nuit même.

— Nous ne doutons pas que sa générosité ne soit bien représentée par son associé survivant,» dit l'étranger en présentant ses pouvoirs pour quêter.

Elle l'était certainement; car les deux associés se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Au mot fâcheux de générosité, Scrooge fronça le sourcil, hocha la tête et rendit au visiteur ses certificats.

«À cette époque joyeuse de l'année, monsieur Scrooge, dit celui-ci en prenant une plume, il est plus désirable encore que d'habitude que nous puissions recueillir un léger secours pour les pauvres et les indigents qui souffrent énormément dans la saison où nous sommes. Il y en a des milliers qui manquent du plus strict nécessaire, et des centaines de mille qui n'ont pas à se donner le plus léger bien-être.

— N'y a-t-il pas des prisons? demanda Scrooge.