— Pas un mot, je vous prie, interrompit Scrooge. Venez me voir; voulez-vous venir me voir?
— Oui! sans doute», s'écria le vieux monsieur. Évidemment, c'était son intention; on ne pouvait s'y méprendre, à son air.
«Merci dit Scrooge. Je vous suis infiniment reconnaissant, je vous remercie mille fois. Adieu!»
Il entra à l'église; il parcourut les rues, il examina les gens qui allaient et venaient en grande hâte, donna aux enfants de petites tapes caressantes sur la tête, interrogea les mendiants sur leurs besoins, laissa tomber des regards curieux dans les cuisines des maisons, les reporta ensuite aux fenêtres; tout ce qu'il voyait lui faisait plaisir. Il ne s'était jamais imaginé qu'une promenade, que rien au monde pût lui donner tant de bonheur. L'après-midi, il dirigea ses pas du côté de la maison de son neveu.
Il passa et repassa une douzaine de fois devant la porte, avant d'avoir le courage de monter le perron et de frapper. Mais enfin il s'enhardit et laissa retomber le marteau.
«Votre maître est-il chez lui, ma chère enfant? dit Scrooge à la servante… Beau brin de fille, ma foi!
— Oui, monsieur.
— Où est-il, mignonne?
— Dans la salle à manger, monsieur, avec madame. Je vais vous conduire au salon, s'il vous plaît.
— Merci; il me connaît, reprit Scrooge, la main déjà posée sur le bouton de la porte de la salle à manger; je vais entrer ici, mon enfant.»