M. Omer secoua la tête.
«Rat-ta-tat, rat-ta-tat, rat-ta-tat.
— Il est dans les bras de sa mère, dit-il.
— Oh! le pauvre petit est-il mort?
— Ne vous chagrinez pas plus que de raison, dit M. Omer; oui, l'enfant est mort.»
Toutes mes blessures se rouvrirent à cette nouvelle. Je quittai mon déjeuner presque sans y avoir touché, et j'allai reposer ma tête sur une autre table dans un coin de la petite chambre. Marie enleva bien vite les habits de deuil qui la couvraient, de peur que mes larmes n'y fissent des taches. C'était une jolie fille, qui avait un air de bonté; elle écarta doucement les cheveux qui me tombaient sur les yeux, mais elle était très-gaie de voir qu'elle avait presque fini son ouvrage, et d'être prête à temps; et moi, c'était si différent!
L'air que chantaient les marteaux s'arrêta, et un jeune homme de bonne mine traversa la cour pour entrer dans la chambre où nous étions. Il avait un marteau à la main et sa bouche était pleine de petits clous, qu'il fut obligé d'ôter avant de pouvoir parler.
«Eh bien, Joram! dit M. Omer, où en êtes-vous?
— Tout est prêt, dit Joram; j'ai fini, monsieur.»
Marie rougit un peu, et les deux autres jeunes filles se regardèrent en souriant.