Il appuya sa main sur mon épaule et me fit retourner pour les accompagner. Je ne savais que répondre et je regardais M. Murdstone d'un air assez embarrassé.
«Il est à la maison pour le moment, dit ce dernier; son éducation est suspendue. Je ne sais que faire de lui. Il est difficile à manier.»
Son ancien regard, ce regard perfide que je connaissais trop bien, tomba sur moi un instant, puis il fronça le sourcil et se détourna avec un mouvement d'aversion.
«Ah! dit M. Quinion en nous regardant tous les deux, à ce qu'il me sembla… Voilà un beau temps!»
Il y eut un moment de silence, et je me demandais comment je pourrais m'échapper, quand il reprit:
«Je suppose que vous êtes toujours aussi éveillé, Brooks?
— Oui, ce n'est pas là ce qui lui manque, dit M. Murdstone avec impatience. Laissez-le aller, je vous assure qu'il aimerait autant partir.»
Sur cet avis, M. Quinion me lâcha, et je repris le chemin de la maison. En me retournant, au moment d'entrer dans le jardin, je vis M. Murdstone, appuyé contre la barrière du cimetière, en conversation avec M. Quinion. Leurs regards étaient dirigés de mon côté, et je sentis qu'ils parlaient de moi.
M. Quinion coucha chez nous ce soir-là. Après le déjeuner, le lendemain matin, j'avais remis ma chaise à sa place, et je quittais la chambre, quand M. Murdstone me rappela. Il s'assit gravement devant une autre table, et sa soeur s'établit près de son bureau; M. Quinion, les mains dans ses poches, regardait par la fenêtre, moi, j'étais debout à les regarder tous.
«David, dit M. Murdstone, quand on est jeune il faut travailler dans ce monde, au lieu de rêver ou de bouder.