«M. Dick, dit ma tante, que faut-il que je fasse de cet enfant?»
M Dick réfléchit, hésita, puis prenant un air radieux répondit:
«Faites-lui tout de suite prendre mesure pour un habillement complet.
— M. Dick, dit ma tante d'un air de triomphe, donnez-moi une poignée de main, votre bon sens est d'une valeur inappréciable.» Puis, ayant vivement secoué la main de M. Dick, elle m'attira près d'elle en disant à M. Murdstone:
«Vous pouvez partir si cela vous convient, je garde cet enfant, j'en courrai la chance. S'il est tel que vous dites, il me sera toujours facile de faire pour lui ce que vous avez fait, mais je n'en crois pas un mot.
— Miss Trotwood, répondit M. Murdstone, en haussant les épaules et en se levant, si vous étiez un homme…
— Billevesées! dit ma tante, ne me parlez pas de ces sornettes!
— Quelle politesse exquise, s'écria miss Murdstone en se levant, c'est trop fort, vraiment!
— Croyez-vous, dit ma tante en faisant la sourde oreille au discours de la soeur et en continuant à s'adresser au frère, et à secouer la tête d'un air de suprême dédain, croyez-vous que je ne sache pas la vie que vous avez fait mener à cette pauvre enfant si mal inspirée? Croyez-vous que je ne sache pas quel jour néfaste ce fut pour cette douce petite créature que celui où elle vous vit pour la première fois, souriant et faisant les yeux doux, je parie, comme si vous n'étiez pas capable de dire une sottise à un enfant?
— Je n'ai jamais entendu de langage plus élégant, dit miss
Murdstone.