«Vous n'avez jamais été en pension, n'est-ce pas? lui dis-je.
— Bien au contraire, j'y suis tous les jours, dit-elle.
— Ah! mais vous voulez dire ici, chez vous?
— Papa ne pourrait pas se passer de moi, dit-elle en souriant et en hochant la tête. Il faut bien qu'il garde sa ménagère à la maison.
— Il vous aime beaucoup, j'en suis sûr?»
Elle me fit signe que oui, et alla à la porte pour écouter s'il montait, afin d'aller au-devant de lui sur l'escalier, mais elle n'entendit rien et revint vers moi.
«Maman est morte au moment de ma naissance, dit-elle de l'air doux et tranquille qui lui était habituel. Je ne connais d'elle que son portrait qui est en bas. Je vous ai vu le regarder hier, saviez- vous qui c'était?
— Oui, lui dis-je, il vous ressemble tant.
— C'est aussi l'avis de papa, dit-elle d'un ton satisfait… Ah! le voilà!»
Son calme et joyeux visage s'illumina de plaisir en allant au- devant de lui, et ils rentrèrent ensemble en se tenant par la main. Il me reçut avec cordialité, et me dit que je serais très- heureux chez le docteur Strong, qui était le meilleur des hommes.