— Et j'espère que j'en aurais profité, car j'avais grande envie d'apprendre, et c'était un maître si patient, mais le malheur affreux qui m'a frappée…» Ici ma mère fut de nouveau interrompue par ses sanglots.

«Bien, bien! dit miss Betsy.

— Je tenais très-régulièrement mon livre de comptes, et je faisais la balance tous les soirs avec M. Copperfield, dit ma mère avec une nouvelle explosion de sanglots.

— Bien, bien! dit miss Betsy, ne pleurez plus.

— Et jamais nous n'avons eu la plus petite discussion là-dessus, excepté quand M. Copperfield trouvait que mes trois et mes cinq se ressemblaient trop, ou que je faisais de trop longues queues à mes sept et à mes neuf: et ma mère recommença à pleurer de plus belle.

— Vous vous rendrez malade, dit miss Betsy, et cela ne vaudra rien ni pour vous, ni pour ma filleule. Allons! ne recommencez pas.»

Cet argument contribua peut-être à calmer ma mère, mais je soupçonne que son malaise, toujours croissant, y fit plus encore. Il y eut un assez long silence, interrompu seulement par quelques interjections que murmurait par-ci par-là miss Betsy, tout en se chauffant les pieds.

«David avait placé sa fortune en rente viagère, dit-elle enfin.
Qu'a-t-il fait pour vous?

— M. Copperfield, répondit ma mère avec un peu d'hésitation, avait eu la grande bonté de placer sur ma tête une portion de cette rente.

— Combien? demanda miss Betsy.