La lumière du corridor s'obscurcit un moment, quand ma tante passa devant. Elle paraissait agitée, et j'entendis qu'elle lui mettait de l'argent dans la main.

«Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de cela? demanda-t-il?

— Je ne peux pas vous en donner plus, répondit ma tante.

— Alors je ne m'en vais pas, dit-il; tenez! reprenez ça.

— Méchant homme, reprit ma tante avec une vive émotion, comment pouvez-vous me traiter ainsi? Mais je suis bien bonne de vous le demander. C'est parce que vous connaissez ma faiblesse! Si je voulais me débarrasser à tout jamais de vos visites, je n'aurais qu'à vous abandonner au sort que vous méritez!

— Eh bien! pourquoi ne pas m'abandonner au sort que je mérite?

— Et c'est vous qui me faites cette question! reprit ma tante. Il faut que vous ayez bien peu de coeur.»

Il restait là à faire sonner en rechignant l'argent dans sa main, et à secouer la tête d'un air mécontent; enfin:

«C'est tout ce que vous voulez me donner? dit-il.

— C'est tout ce que je peux vous donner, dit ma tante. Vous savez que j'ai fait des pertes, je suis plus pauvre que je n'étais. Je vous l'ai dit. Maintenant que vous avez ce que vous vouliez, pourquoi me faites-vous le chagrin de rester près de moi un instant de plus et de me montrer ce que vous êtes devenu?