Nelly resta assise et immobile durant une demi-heure et même davantage, toute seule, toute seule; car elle avait déterminé son grand-père à aller se coucher, et elle n'entendait que le tic tac d'une vieille horloge et le sifflement du vent à travers les arbres.

Lorsque le maître d'école revint, il reprit sa place au coin de la cheminée, mais demeura silencieux pendant longtemps. Enfin il se tourna vers Nelly, et, d'une voix douce, il l'invita à vouloir bien, cette nuit, faire une prière pour un enfant malade.

«Mon élève favori! dit le pauvre maître d'école, fumant sa pipe qu'il avait oublié d'allumer, et, regardant tristement les exemples collés sur les murs oui c'est sa petite main qui a fait tout cela… et tout amaigrie par la maladie! Pauvre petite, petite main!…»

CHAPITRE XXV.

Après une bonne nuit passée dans cette chaumière, où le sacristain avait habité pendant plusieurs années, mais qu'il avait dernièrement quittée pour se marier et prendre son ménage, Nelly se leva dès l'aurore et descendit à la chambre où elle avait soupé la veille. Déjà le maître d'école était sorti. Elle s'empressa de bien nettoyer la pièce, et elle venait de finir ses rangements, quand l'excellent homme rentra.

Il la remercia à plusieurs reprises, et lui dit que la vieille femme qui était chargée ordinairement de ces soins veillait en ce moment comme garde-malade auprès de l'enfant dont il avait parlé la veille.

«Comment va-t-il? demanda Kelly. J'espère qu'il va mieux?

— Non, répondit le maître d'école secouant la tête avec mélancolie; il ne va pas mieux. On dit même qu'il va plus mal.

— Cela me fait bien de la peine, monsieur.»

Le pauvre maître d'école parut reconnaissant de cette marque de sympathie, mais il n'en fut pas moins triste, car il se hâta d'ajouter, pour s'étourdir, qu'il y a souvent des gens qui s'inquiètent mal à propos et font le mal plus grand qu'il n'est.