— D'un ami,» continua vivement Brass, «ou d'une bouteille à lui offrir.» Ah! ah! C'est ainsi que dit la chanson, n'est-il pas vrai? Une jolie chanson, monsieur Richard, une jolie chanson. J'en aime le sentiment. Ah! ah! Votre ami est, je pense, le jeune homme de l'étude de Witherden? Oui. «Puissions-nous ne jamais manquer d'un…» Il n'y a rien d'ailleurs, monsieur Richard?
— Quelqu'un seulement chez le locataire.
— En vérité? Quelqu'un chez le locataire, ah! ah!… «Puissions- nous ne jamais manquer d'un ami ou d'une…» Quelqu'un chez le locataire, disiez-vous, monsieur Richard?
— Oui, dit celui-ci un peu surpris du décousu des paroles de son patron. Ils sont ensemble en ce moment.
— Ensemble!… s'écria Brass. Ah! ah! Qu'ils y restent, joyeux et libres, tirelirelire!… N'est-ce pas, monsieur Richard? Ah! ah!
— Certainement.
— Et, dit Brass en fouillant dans ses papiers, quel est ce visiteur? Ce n'est pas, j'espère, une dame, monsieur Richard? Vous savez qu'à Bevis-Marks on tient à la morale, monsieur! «Quand femme jolie se livre à la folie…» et cetera. Vous dites donc, monsieur Richard?
— C'est un autre jeune homme qui appartient aussi à Witherden ou à peu près, un nommé Kit.
— Kit!… répéta Brass. Singulier nom!… Le nom d'une pochette de maître à danser… Ah! ah! Ce Kit est ici?»
Richard regarda miss Sally, s'étonnant tout bas qu'elle ne gourmandât point cette exubérance d'esprit extraordinaire chez M. Brass. Mais comme elle n'essayait nullement de la réprimer, et qu'au contraire même elle semblait y donner un acquiescement tacite, Richard conclut de ce bon accord qu'ils venaient sans doute de perpétrer ensemble quelque fourberie, dont ils avaient déjà reçu le salaire.