«Puisque vous voilà mieux, dit le notaire en s'asseyant au chevet du lit, je puis me hasarder à vous communiquer une pièce que la nature de mes fonctions a mise entre mes mains.»

L'idée d'une communication officielle faite par un gentleman appartenant au ressort de la loi sembla causer à Richard un médiocre plaisir. Peut-être se liait-elle, dans son esprit, avec certaines dettes criardes et des créanciers obstinés. Ce fut avec un certain trouble qu'il répondit:

«Volontiers, monsieur. J'espère cependant que ce n'est pas quelque chose d'une nature trop désagréable.

— S'il en était ainsi, répliqua M. Witherden, j'eusse choisi un moment plus opportun pour vous faire cette communication. Permettez-moi de vous dire d'abord que mes amis, qui sont venus ici aujourd'hui, ne connaissent nullement cette affaire, et que leur empressement à votre égard a été tout spontané et complètement sans arrière-pensée. Cela doit vous rassurer et vous disposer parfaitement à recevoir cette nouvelle.»

Dick le remercia.

«Je m'étais livré à quelques recherches pour vous découvrir, dit M. Witherden, et j'étais bien loin de m'attendre à vous trouver dans des circonstances semblables à celles qui nous ont réunis. Vous êtes le neveu de Rébecca Swiveller, vieille demoiselle qui habitait Cheselbourne, dans le Dorsetshire, et qui y est décédée.

— Décédée! s'écria Richard.

— Décédée. Si vous vous étiez conduit autrement avec votre tante, vous fussiez entré en pleine possession, le testament le dit, et je n'ai aucune raison d'en douter, de vingt-cinq mille livres[3]. Quoi qu'il en soit, elle vous a légué une rente annuelle de cent cinquante livres[4]; c'est beaucoup moins sans doute, cependant je crois devoir vous en faire mon compliment.

— Monsieur, dit Richard sanglotant et riant à la fois, comment donc? mais avec plaisir. Dieu merci, nous allons faire une savante de la pauvre marquise! Elle va porter des robes de soie, elle va avoir plus d'argent qu'il ne lui en faut, aussi vrai que j'espère bien quitter ce lit maudit.»

CHAPITRE XXX.