— Pauvre enfant! dit le fossoyeur avant que Kit eût pu répondre.
Comment ça va-t-il, mon mignon?

— Mon rêve est-il vrai? s'écria de nouveau l'enfant d'une voix si fervente qu'elle eût fait vibrer le coeur de quiconque pouvait l'entendre. Non, non, c'est impossible. Je me trompe. Comment serait-ce possible?

— Je comprends sa pensée, dit le fossoyeur. Retourne à ton lit, cher enfant!

— Oh! s'écria l'enfant dans un transport de désespoir, je savais bien que cela n'était pas possible, j'en étais bien sûr avant de le demander. Mais toute cette nuit et l'autre nuit aussi, mon rêve a été le même. Je ne puis plus m'endormir sans que ce vilain rêve me revienne.

— Essaye de te rendormir, dit doucement le vieillard; ton rêve ne reviendra pas.

— Non, non, je préfère qu'il revienne, tout cruel qu'il est; je préfère qu'il revienne. Je n'ai pas peur de le revoir dans mon sommeil, mais après ça, j'en ai tant de chagrin que j'en suis triste, tout triste!…»

Le vieux fossoyeur lui adressa un: «Dieu te bénisse!» L'enfant éploré répondit: «Bonne nuit!» et Kit se trouva seul de nouveau.

Il se hâta de retourner vers son maître, tout ému de ce qu'il venait d'entendre, mais plus encore de l'accent du jeune garçon, que de ses paroles, dont il ne pouvait comprendre le sens. Les voyageurs suivirent le sentier indiqué par le fossoyeur, et bientôt ils arrivèrent au presbytère. Regardant alors autour d'eux quand ils furent en cet endroit, ils aperçurent, à quelque distance et à la fenêtre ogivale d'un bâtiment en ruine, une lumière qui veillait solitaire.

Cette lumière entourée de l'ombre épaisse des murs au fond desquels elle était enfoncée, brillait comme une étoile. Vive et radieuse comme les astres qui diamantaient le ciel au-dessus de la tête des voyageurs, solitaire et immobile comme eux, elle semblait être de la même famille que les éternelles lampes de l'espace et brûler de conserve avec elles.

«Quelle est cette lumière? s'écria le gentleman.