— M. Abel aurait-il oublié quelque chose? dit Kit, qui s'empressa de mettre pied à terre.
— Pas de question, jeune Snob; mais entrez et voyez. Whoa-a-a! voulez-vous bien rester tranquille!… Si ce poney était à moi, comme je vous le corrigerais!
— Soyez très-doux pour lui, s'il vous plaît, dit Kit, ou bien il vous jouera quelque tour. Vous feriez mieux de ne pas continuer à lui tirer les oreilles. Je sais qu'il n'aime pas ça.»
M. Chukster ne daigna répondre à ce conseil qu'en lançant à Kit avec un air superbe et méprisant les mots de «jeune drôle,» et en lui enjoignant de détaler et de revenir le plus tôt possible. Le «jeune drôle» obéit. M. Chukster mit les mains dans ses poches, et affecta de n'avoir pas l'air de prendre garde au poney, et de se trouver là seulement par hasard.
Kit frotta ses souliers avec beaucoup de soin, car il n'avait pas perdu encore son respect primitif pour les liasses de papiers et les cartons, et il frappa à la porte de l'étude que le notaire en personne s'empressa d'ouvrir.
«Ah! très-bien!… Entrez, Christophe, dit M. Witherden.
— C'est là ce jeune homme? demanda un gentleman figé, mais encore robuste et solide, qui était dans la chambre.
— Lui-même, dit M. Witherden. C'est à ma porte qu'il a rencontré mon client, M. Garland. J'ai lieu de croire que c'est un brave garçon, et que vous pourrez ajouter foi à ses paroles. Permettez- moi de faire entrer M. Abel Garland, monsieur, son jeune maître, mon élève en vertu du contrat d'apprentissage, et, de plus, mon meilleur ami. Mon meilleur ami, monsieur, répéta le notaire tirant son mouchoir de soie et l'étalant dans tout son luxe devant son visage.
— Votre serviteur, monsieur, dit l'étranger.
— Je suis bien le vôtre, monsieur, dit M. Abel d'une voix flûtée.
Vous désirez parler à Christophe, monsieur?