Avant de remettre son défunt ami sur sa tablette, Wemmick toucha la plus grosse de ses bagues de deuil, et dit:

«Il l'a envoyée acheter, la veille, tout exprès pour moi.»

Tandis qu'il mettait en place l'autre buste, et qu'il descendait de la chaise, il me vint à l'idée que tous les bijoux qu'il portait provenaient de sources analogues. Comme il n'avait montré aucune discrétion sur ce sujet, je pris la liberté de le lui demander, quand il se retrouva devant moi, occupé à épousseter ses mains.

«Oh! oui, dit-il, ce sont tous des cadeaux de même genre; l'un amène l'autre. Vous voyez, voilà comment cela se joue, et je ne les refuse jamais. Ce sont des curiosités. Elles ont toujours quelque valeur, peut-être n'en ont-elles pas beaucoup; mais, après tout, on les a et on les porte. Cela ne signifie pas grand'chose pour vous, avec vos brillants dehors, mais pour moi, l'étoile qui me guide me dit: «Accepte tout ce qui se peut porter.»

Quand j'eus rendu hommage à cette théorie, il continua d'un ton affable:

«Si un de ces jours vous n'aviez rien de mieux à faire, et qu'il vous fût agréable de venir me voir à Walworth, je pourrais vous offrir un lit, et je considèrerais cela comme un grand honneur pour moi. Je n'ai que peu de choses à vous montrer: seulement deux ou trois curiosités, que vous serez peut-être bien aise de voir. Je raffole de mon petit bout de jardin et de ma maison de campagne.»

Je lui dis que je serais enchanté d'accepter son hospitalité.

«Merci! dit-il alors, nous considèrerons donc la chose comme tout à fait entendue. Venez lorsque cela vous fera plaisir. Avez-vous déjà dîné avec M. Jaggers?

—Pas encore.

—Eh bien! dit Wemmick, il vous donnera du vin et du bon vin. Moi, je vous donnerai du punch et du punch qui ne sera pas mauvais. Maintenant je vais vous dire quelque chose: Quand vous irez dîner chez M. Jaggers, faites attention à sa gouvernante.