—C'est un de ses noms, mon garçon.
—Elle en a donc plusieurs, mademoiselle?
—Elle en avait encore un autre, l'autre nom était Satis, qui, en grec, en latin ou en hébreu, je ne sais lequel des trois, et cela m'est égal, veut dire: Assez.
—Maison Assez? dis-je. Quel drôle de nom, mademoiselle.
—Oui, répondit-elle. Cela signifie que celui qui la possédait n'avait besoin de rien autre chose. Je trouve que, dans ce temps-là, on était facile à contenter. Mais dépêchons, mon garçon.»
Bien qu'elle m'appelât à chaque instant: «Mon garçon,» avec un sans-gêne qui n'était pas très flatteur, elle était de mon âge, à très peu de chose près. Elle paraissait cependant plus âgée que moi, parce qu'elle était fille, belle et bien mise, et elle avait avec moi un petit air de protection, comme si elle eût eu vingt et un ans et qu'elle eût été reine.
Nous entrâmes dans la maison par une porte de côté; la grande porte d'entrée avait deux chaînes, et la première chose que je remarquai, c'est que les corridors étaient entièrement noirs, et que ma conductrice y avait laissé une chandelle allumée. Mon introductrice prit la chandelle; nous passâmes à travers de nombreux corridors, nous montâmes un escalier: tout cela était toujours tout noir, et nous n'avions que la chandelle pour nous éclairer.
Nous arrivâmes enfin à la porte d'une chambre; là, elle me dit:
«Entre....
—Après vous, mademoiselle,» lui répondis-je d'un ton plus moqueur que poli.