Les premiers mots s'adressaient à Susanne, et les exclamations de joie à M. Bumble, tandis que la bonne femme ouvrait la porte du jardin et faisait entrer le bedeau avec empressement et respect.

«Madame Mann, dit M. Bumble en se laissant tomber lentement dans un fauteuil, au lieu de s'asseoir brusquement comme un manant; bonjour, madame Mann.

- Je vous souhaite le bonjour, monsieur, répondit Mme Mann d'un air souriant. J'espère que vous vous portez bien, monsieur?

- Comme ça, madame Mann, répondit M. Bumble. Une vie paroissiale n'est pas un lit de roses.

- Ah! monsieur Bumble, à qui le dites-vous?» répondit celle-ci.

Si les pauvres enfants du dépôt l'eussent entendue parler ainsi, ils eussent tous fait chorus avec elle.

«La vie paroissiale, madame, continua M. Bumble en donnant un coup de canne sur la table, est une vie fatigante, agitée, tourmentée; mais on sait bien que c'est la destinée de tous les fonctionnaires publics d'être toujours en butte aux persécutions.»

Mme Mann, sans trop comprendre ce que le bedeau voulait dire par là, leva toujours les mains au ciel d'un air de compassion et soupira.

«Ah! vous avez raison de soupirer, madame Mann!» dit le bedeau.

Voyant qu'elle avait bien fait, celle-ci poussa un nouveau soupir, à la grande satisfaction du fonctionnaire qui, réprimant un gracieux sourire, regarda son tricorne avec un grand sérieux et dit: