«Assez comme cela, Guillaume, merci, dit le juif en posant le verre après y avoir seulement touché du bout des lèvres.

- Comment! est-ce que vous avez peur que nous ne vous fassions votre affaire? demanda Sikes en regardant fixement le juif. Fi donc!»

M. Sikes, de l'air le plus méprisant, prit le verre, et jeta dans les cendres la liqueur qu'il contenait, puis le remplit pour lui- même, et le vida d'un trait.

Pendant ce temps, le juif promenait ses regards autour de la chambre, non par curiosité, car il la connaissait depuis longtemps, mais avec cette expression inquiète et soupçonneuse qui lui était naturelle. Elle était pauvrement meublée, et les objets contenus dans l'armoire indiquaient seuls qu'elle n'était pas occupée par un ouvrier. Rien ne pouvait éveiller de soupçons, sauf deux ou trois gros gourdins placés dans un coin, et un casse-tête accroché au-dessus de la cheminée.

«Allons, dit Sikes en faisant claquer ses lèvres, maintenant, je suis à vous.

- Pour causer d'affaires, hein? demanda le juif.

- Oui, pour causer d'affaires, répondit Sikes. Ainsi, dites ce que vous avez à dire.

- Au sujet de cette maison à Chertsey, Guillaume, dit le juif en rapprochant sa chaise et en parlant très bas.

- Oui; eh bien, quoi? demanda Sikes.

- Ah! vous savez bien ce que je veux dire, mon cher, reprit le juif. N'est-ce pas, Nancy, qu'il sait bien ce que je veux dire?