Olivier, dit Henry Maylie à voix basse, j'ai un mot à vous dire.»

Olivier s'approcha de l'embrasure de la fenêtre où M. Maylie lui faisait signe de venir, et fut très surpris de la tristesse mêlée d'agitation qui régnait dans tout son air.

«Vous êtes maintenant en état de bien écrire, dit Henry en lui mettant la main sur le bras.

- Je l'espère, monsieur, répondit Olivier.

- Je ne reviendrai pas ici de quelque temps peut-être. Je désire que vous m'écriviez, une fois tous les quinze jours, le lundi, à la direction des postes, à Londres. Le ferez-vous? dit M. Maylie.

- Oh! certainement, monsieur, je le ferai et j'en serai fier, s'écria Olivier, charmé de la commission.

- Je désire avoir des nouvelles de ma mère et de miss Maylie, dit le jeune homme, et vous pouvez remplir vos pages de détails sur les promenades que vous faites, sur vos conversations, et me dire si elle… si ces dames semblent heureuses et en bonne santé. Vous me comprenez?

- Parfaitement, monsieur, répondit Olivier.

- Je préfère que vous ne leur en parliez pas, dit Henry en appuyant sur ses paroles, parce que ma mère voudrait peut-être prendre la peine de m'écrire plus souvent, ce qui est pour elle une fatigue; que ce soit donc un secret entre vous et moi, et souvenez-vous de ne me laissez rien ignorer. Je compte sur vous.»

Olivier, tout fier de l'importance de son rôle, promit d'être discret et explicite dans ses communications, et M. Maylie lui dit adieu en l'assurant chaudement de son intérêt et de sa protection.