Quand elle fut arrivée dans le beau quartier de la ville, les rues étaient en comparaison plus désertes, et sa course rapide sembla exciter plus de curiosité parmi les flâneurs au milieu desquels elle passait. Quelques-uns hâtaient le pas pour voir où elle se rendait si vite; d'autres, qui avaient pris l'avance sur elle, se retournaient pour la regarder, étonnés de la voir marcher toujours aussi vite; mais ils s'éloignaient l'un après l'autre. Quand elle eut atteint le lieu de sa destination, elle se trouvait tout à fait seule.
Elle s'arrêta devant un hôtel situé dans une de ces rues paisibles et bien habitées qui avoisinent Hyde-Park. Au moment où la brillante clarté du gaz qui éclairait la porte lui fit reconnaître la maison, onze heures sonnaient. Elle avait ralenti son pas un peu auparavant, d'un air irrésolu et ne sachant trop si elle devait avancer; mais l'heure la décida et elle s'arrêta dans le vestibule. La loge du concierge était vide; elle regarda autour d'elle avec incertitude et se dirigea du côté de l'escalier.
«Eh bien! jeune fille, dit une femme de chambre à la mise coquette, ouvrant une porte derrière elle et la regardant, qui demandez-vous?
- Une dame qui reste dans la maison.
- Une dame! répliqua l'autre d'un air dédaigneux. Quelle dame, s'il vous plaît?
- Mlle Maylie,» dit Nancy.
La domestique qui, pendant ce temps, l'avait toisée des pieds à la tête, ne répondit que par un regard de vertueux dédain; elle appela un laquais pour lui répondre. Nancy fit à celui-ci la même question.
«Qui dois-je annoncer? demanda le laquais.
- Mon nom est inutile.
- Ni le motif qui vous amène?