- Ne faites pas attention à mon ami, miss Maylie, dit M. Brownlow; il ne pense pas ce qu'il dit.

- Si vraiment, grogna M. Grimwig.

- Non, il ne le pense pas, dit M. Brownlow en se levant avec impatience.

- J'en mangerais ma tête qu'il le pense, grommela encore
M. Grimwig.

- Il mériterait bien, alors, qu'on la lui cassât, sa tête, dit
M. Brownlow.

- Ah! pour le coup, il serait bien curieux de voir ça,» répondit
M. Grimwig en frappant le plancher de sa canne.

Arrivés à ce point, les deux vieux amis prirent chacun de leur côté une prise de tabac; après quoi ils se donnèrent une poignée de main, suivant leur coutume invariable.

«Maintenant, miss Maylie, dit M. Brownlow, revenons au sujet qui intéresse si fort votre bon coeur. Veuillez me raconter ce que vous savez du pauvre enfant. Permettez-moi, toutefois, de vous dire auparavant que j'avais épuisé tous les moyens de le découvrir, et que, depuis mon absence de ce pays, l'idée qu'il m'en avait imposé et qu'il avait été poussé par ses complices à me voler, s'est considérablement modifiée.»

Rose, qui avait eu le temps de rassembler ses pensées, raconta simplement et en quelques mots tout ce qui était arrivé à Olivier, depuis qu'il avait quitté la maison de M. Brownlow. Elle se réserva toutefois en particulier à ce gentleman les révélations de Nancy, et elle termina en l'assurant que le seul chagrin de l'enfant, depuis plusieurs mois, avait été de ne pouvoir rencontrer son ancien bienfaiteur et ami.

«Dieu soit loué! dit le vieux gentleman; c'est un grand bonheur pour moi, vraiment un grand bonheur. Mais vous ne m'avez pas encore dit où il est maintenant, miss Maylie. Pardonnez-moi ce reproche; mais pourquoi ne l'avoir pas amené?