«Morbleu! dit Sikes qui n'avait pas l'air trop rassuré, il est devenu fou; il faut que je prenne garde à moi.

- Non, non, dit Fagin en retrouvant la voix, ce n'est pas… ce n'est pas vous, Guillaume; je n'ai rien… rien du tout à vous reprocher.

- Oh! vraiment! dit Sikes en le regardant d'un air sombre et en mettant ostensiblement un pistolet dans une poche plus à sa portée. C'est heureux, pour l'un de nous du moins. Lequel est-ce, peu importe.

- Ce que j'ai à vous dire, Guillaume, dit le juif en rapprochant sa chaise de celle du brigand, vous rendra encore plus furieux que moi.

- En vérité? répondit Sikes d'un air d'incrédulité; parlez et dépêchez-vous, ou Nancy me croira perdu.

- Perdu! dit Fagin, elle s'est arrangée pour ça, n'ayez pas peur.»

Sikes regarda le juif d'un air très inquiet, et ne lisant sur ses traits aucune explication satisfaisante, il lui mit sa grosse main sur le collet et le secoua rudement.

«Voulez-vous parler, dit-il, ou je vous étrangle. Desserrez les dents et dites clairement ce que vous avez à dire. Assez de grimaces, vieux mâtin que vous êtes, finissons-en.

- Supposons, commença Fagin, que ce garçon qui est là couché…»

Sikes se tourna vers l'endroit où Noé était endormi, comme s'il ne l'avait pas remarqué tout à l'heure. «Après? dit-il en reprenant sa première position.