- Ne nous laissez pas dans l'obscurité,» dit Kags en prenant une chandelle sur la cheminée et en l'allumant d'une main si tremblante que l'on frappa encore deux fois avant qu'il eût fini.

Crackit descendit ouvrir et rentra bientôt, suivi d'un homme dont la figure était presque entièrement cachée par un mouchoir. Il le dénoua lestement et laissa voir un visage livide, des yeux enfoncés, des joues caves, une barbe de trois jours: ce n'était plus que l'ombre de Sikes.

Il posa la main sur le dos d'une chaise qui se trouvait au milieu de la chambre, mais il tressaillit au moment de s'asseoir; il eut l'air de regarder par-dessus son épaule et tira la chaise près du mur… aussi près que possible… puis s'assit.

Pas une parole n'avait été échangée; il promenait silencieusement ses regards sur les trois autres, qui se détournaient avec effroi chaque fois qu'ils rencontraient son oeil. Lorsque d'une voix sourde il rompit le silence, tous trois tressaillirent: ils n'avaient jamais entendu une voix pareille.

«Comment ce chien est-il venu ici? demanda-t-il.

- Seul, il y a trois heures.

- Le journal de soir dit que Fagin est arrêté; est-ce vrai ou faux?

- Parfaitement vrai.»

Nouveau silence.

«Que le diable vous emporte tous! dit Sikes en passant sa main sur son front. N'avez-vous rien à me dire?»