- Avez-vous quelque autre question à lui faire? demanda le geôlier.

- Aucune, répondit M. Brownlow. Si j'avais l'espoir de le rappeler au sentiment de sa situation…

- N'y comptez pas, monsieur, répondit le geôlier en secouant la tête; ce que vous avez de mieux à faire, c'est de vous retirer.»

Il ouvrit la porte de la cellule, et les gardiens rentrèrent.

«Dépêchons-nous, dépêchons-nous! s'écria le juif; plus vite, plus vite.»

Les deux gardiens se saisirent de lui, lui firent lâcher Olivier et le repoussèrent vers le fond de la cellule. Il se mit à se débattre et à lutter avec l'énergie du désespoir, en poussant des cris si perçants, que, malgré l'épaisseur des murs, M. Brownlow et Olivier les entendirent jusque dans la rue.

Ils ne purent quitter la prison sur-le-champ, car Olivier était presque sans connaissance après cette horrible scène, et si faible que, pendant plus d'une heure, il ne put se soutenir.

Il commençait à faire jour quand ils sortirent; il y avait déjà foule sur la place; les fenêtres étaient encombrées de gens occupés à fumer ou à jouer aux cartes pour tuer le temps; on se bousculait dans la foule, on se querellait, on plaisantait: tout était vie et mouvement, sauf un amas d'objets sinistres qu'on apercevait au centre de la place: la potence, la trappe fatale, la corde, enfin tous les hideux apprêts de la mort.

CHAPITRE LIII.
Et dernier.

Le sort de chacun des personnages qui ont figuré dans ce récit est maintenant fixé, et quelques lignes suffiront à leur historien pour achever de faire connaître ce qui les concerne.