Malgré bien des interruptions et des insultes de la part de M. Fang, M. Brownlow essaya de raconter le fait; il fit observer que, dans la surprise du moment, il n'avait couru après l'enfant que parce qu'il l'avait vu s'enfuir en courant; il ajouta qu'il espérait que, dans le cas où le magistrat regarderait Olivier non comme voleur, mais comme complice de voleurs, il le traiterait avec autant de douceur que la justice le permettrait.
«D'ailleurs cet entant est blessé, dit-il en terminant; et je crains bien, ajouta-t-il avec force en regardant Olivier, je crains réellement qu'il ne soit tout à fait malade.
- Oh! sans doute; cela va sans dire, dit M. Fang d'un ton railleur. Allons, petit vagabond, pas de malices avec moi; elles ne prendraient pas. Ton nom?»
Olivier essaya de répondre, mais la voix lui manqua; il était pâle comme la mort, et il lui semblait que la salle tournait autour de lui.
«Ton nom, petit vaurien? dit Fang d'une voix de tonnerre.
Officier! quel est son nom?»
Ces paroles s'adressaient à un gros bonhomme à gilet rayé, qui se tenait près de la barre; il se pencha vers Olivier et répéta la question, mais voyant que l'enfant était hors d'état de répondre et sentant que ce silence ne ferait qu'exaspérer le magistrat et rendre la sentence plus sévère, il répondit au hasard:
«Il dit qu'il s'appelle Tom White, monsieur le magistrat.
- Il refuse de parler, n'est-ce pas? dit Fang; très bien, très bien. Où demeure-t-il?
- Où il peut, monsieur le magistrat, répondit encore l'officier de police, comme s'il transmettait la réponse d'Olivier.
- A-t'il des parents? demanda M. Fang.