Un coup à la porte le fit tressaillir au milieu de cette occupation:

«Qui est là? s'écria-t-il vivement et avec effroi.

- C'est moi! répondit le Matois à travers le trou de la serrure.

- Eh! bien! qu'y a-t-il? dit le juif avec impatience.

- Nancy demande s'il faut le conduire à l'autre logis, dit le
Matois à voix basse.

- Oui, répondit le juif; n'importe où on le trouvera. Trouvez-le, trouvez-le, voilà l'important. Je saurai bien ensuite ce que j'aurai à faire, n'ayez pas peur.»

Le Matois marmotta quelques mots, et descendit l'escalier quatre à quatre pour rejoindre ses compagnons.

«Jusqu'ici il n'a pas jasé, se dit le juif en reprenant sa besogne. S'il a l'intention de nous livrer chez ses nouveaux amis, il est encore temps de lui couper le sifflet.»

CHAPITRE XIV. Détails sur le séjour d'Olivier chez M. Brownlow, - Prédiction remarquable d'un certain M. Grimwig sur le petit garçon, quand il partit en commission.

Olivier revint bientôt de l'évanouissement que lui avait causé la brusque exclamation de M. Brownlow: celui-ci et Mme Bedwin évitèrent soigneusement de reparler du tableau, et la conversation ne roula ni sur l'histoire, ni sur l'avenir d'Olivier, mais seulement sur des sujets propres à le distraire sans l'impressionner. Il était encore trop faible pour se lever pour le déjeuner; mais quand il descendit le lendemain dans la chambre de la femme de charge, son premier mouvement fut de jeter un regard avide sur la muraille, dans l'espoir de revoir la figure de la belle dame; son attente fut trompée: le portrait avait disparu.