—Oui, mon cher, oui, c'est bien entendu! répliqua le juif saisissant la main de l'autre.

Disant cela, ses yeux étincelaient et tous les muscles de son visage rendaient l'impression que la question de Sikes avait produite en lui.

—Alors, reprit celui-ci repoussant la main du juif avec un certain air de dédain, ça s'fera quand vous voudrez. Nous étions, Toby et moi, l'avant-dernière nuit, sur le mur du jardin, à sonder les volets et les panneaux de la porte. La maison est fermée, la nuit, comme une prison; mais il y a un endroit que nous pouvons briser avec assurance, sans faire de bruit.

—Lequel? demanda le juif avec empressement.

—Vous savez bien, dit l'autre à voix basse, quand on a traversé la pelouse?

—Oui, oui, dit le juif penchant la tête pour mieux entendre et ouvrant les yeux si grands qu'ils semblaient sortir de leurs orbites.

—N'importe! dit Sikes s'arrêtant tout court à un signe de tête de la jeune fille, qui lui faisait remarquer la figure du juif. Peu importe l'endroit; vous ne pouvez rien faire sans moi, je l'sais bien; mais il vaut mieux se mettre sur ses gardes, quand on a affaire à vous.

—Comme vous voudrez, mon cher, comme vous voudrez, reprit le juif se mordant les lèvres. Croyez-vous que Toby Crackit et vous puissiez en venir à bout sans le secours de personne?

—Certainement, dit Sikes. Il ne nous faut qu'un vilebrequin et un enfant. Le premier, nous l'avons déjà; quant à l'autre, il nous faudra le trouver.

—Un enfant! s'écria le juif. Oh! alors c'est pour un panneau, hein?