—Bonne nuit, Nancy! dit le juif endossant sa redingote.
—Bonne nuit!
Le vieillard, ayant donné en passant un coup de pied à l'ivrogne, tandis que la fille avait le dos tourné, descendit l'escalier à tâtons.
—C'est toujours comme ça, marmotta le juif entre ses dents quand il fut seul dans la rue. Ce qu'il y a de mal chez ces femmes, c'est qu'un rien suffit pour rappeler en elles des souvenirs du passé; et ce qu'il y a de bon, c'est qu'ils ne durent pas. Ha! ha! L'homme contre l'enfant pour un sac d'or!
Avec ces agréables réflexions, Fagin regagna sa sombre demeure, où le Matois veillait en attendant son retour avec impatience.
—Olivier est-il couché? . . . J'ai besoin de lui parler, dit-il en descendant l'escalier.
—Il y a déjà longtemps, répondit le Matois ouvrant la porte d'une chambre: le voilà!
L'enfant était couché sur un mauvais matelas étendu par terre, et dormait d'un profond sommeil. L'accablement, l'inquiétude et la tristesse de sa prison l'avaient rendu si pâle qu'il ressemblait à la mort.
—Pas maintenant, dit le juif en s'éloignant doucement. À demain, à demain!