—Maintenant, dit Sikes en se rasseyant, si vous aviez quelque chose à nous donner à manger et à boire en attendant, ça nous donnerait un peu d'courage,— à moi du moins. —Assis-toi là près du feu, petit, et r'pose-toi . . . car tu as encore à sortir avec nous cette nuit . . . quoique ce n'soit pas bien loin!
Olivier jeta sur Sikes un regard craintif; et, approchant un tabouret du feu, il s'assit, sa tête brûlante soutenue dans ses deux mains, sachant à peine où il était et ce qui se passait autour de lui.
Après un repas assez modeste, mais où l'on but beaucoup au succès de l'entreprise, les brigands s'endormirent. Olivier, assoupi au coin de la cheminée, croyait être encore rôdant dans les ruelles, lorsqu'il fut réveillé par Toby Crackit, qui se leva en s'écriant qu'il était une heure et demie.
En un instant les deux autres furent debout, et chacun s'occupa des préparatifs du départ. Sikes et son compagnon mirent chacun un grand mouchoir autour de leur cou, et endossèrent leurs redingotes, tandis que Barney, ouvrant une armoire, en tira plusieurs objets dont il emplit leurs poches à la hâte.
—Des bavards pour moi, Barney! dit Toby Crackit.
—Les voici! dit Barney montrant une paire de pistolets. Vous les avez chargés vous-même.
—C'est bon! poursuivit l'autre en les posant sur la table. Les persuadeurs?
—Je les ai, reprit Sikes.
—Rossignols, ciseaux à froid, lanternes sourdes, masques, rien n'est oublié? demanda Toby attachant, au moyen d'un crampon, une petite pince de fer en-dedans des basques de son habit.
—Nous avons tout ce qu'il nous faut, répliqua son compagnon. Prends ces petites badines qui sont là, Barney! . . . Nous voilà maintenant à notre affaire.