—Ecoutez! s'écria le Matois en ce moment; j'entends la bavarde.

Disant cela, il prit la lumière et monta doucement l'escalier.

La sonnette se fit entendre de nouveau avec quelque impatience, tandis que la compagnie était dans l'obscurité. Un instant après le Matois reparut et parla mystérieusement à l'oreille de Fagin.

—Est-ce qu'il est seul? s'écria celui-ci.

Le Matois fit un signe de tête affirmatif, et, mettant sa main devant la lumière, il donna à entendre à Charlot qu'il ferait bien, pour le quart d'heure, de réprimer sa folle gaieté; après quoi il fixa les yeux sur le juif comme pour attendre ses ordres.

Le vieillard porta ses doigts jaunes à sa bouche, et réfléchit un instant, les traits de son visage paraissant visiblement contractés tout le temps, comme s'il redoutait quelque malheur et qu'il craignit de l'apprendre. Enfin il leva la tête.

—Où est-il? demanda-t-il au Matois.

Celui-ci montra du doigt l'étage au-dessus, et se préparait à quitter la chambre.

—Oui, dit le juif devinant la question; fais-le descendre. Chut! tais-toi, Charlot! . . . Doucement, Tom! Passez de l'autre côté, mes amis! laissez-nous seuls! . . .

Charlot et Chitling se retirèrent sans faire le moindre bruit. Un profond silence régnait dans la chambre, quand le Matois descendit l'escalier, la lumière à la main, et suivi d'un homme en blouse, qui, ayant jeté un coup d'œil rapide autour de lui, détacha une grosse cravate de laine qui lui cachait le bas du visage, et laissa voir les traits du flambant Toby Crackit, pâle, hagard et horriblement fatigué.