—Est-il ici?
—Non, répondit l'homme.
—Et-vous n'avez point de nouvelles de Barney? demanda Fagin.
—Du tout, répliqua le maître de la taverne des Trois-Boiteux, car c'était lui. Il ne bougera pas que tout ne soit bien tranquille. Soyez sûr que la police est sur leurs traces là-bas, et que, s'il avait le malheur de bouger, il se ferait pincer du premier coup. Barney est en sûreté où il est, il n'y a pas de doute, sans quoi j'aurais entendu parler de lui. Je parierais tout ce qu'on voudra qu'il s'en retirera proprement: vous pouvez bien y compter; je vous en donne mon billet.
—Viendra-t-il ici ce soir? demanda le juif appuyant sur le pronom avec la même emphase qu'auparavant.
—Monks, vous voulez dire? demanda le maître de la taverne.
—Chut! fit le juif; oui.
—Certainement! reprit l'autre tirant de son gousset une montre d'or. Il devrait déjà être arrivé. Si vous voulez attendre seulement dix minutes, vous allez le voir.
—Non, non, dit le juif d'un air qui laissait penser que, bien qu'il désirât voir la personne en question, il n'était cependant pas fâché de ne pas la rencontrer.
—Dites-lui que je suis venu pour le voir, et qu'il vienne chez moi cette nuit . . . Non . . . plutôt demain. Puisqu'il n'est pas ici, il sera toujours assez temps demain.