—Ouvrez! répondit un homme. Ce sont les officiers de police qu'on a envoyé chercher ce matin.
Rassuré par ces paroles, Brittles ouvrit la porte toute grande et se trouva face à face avec un homme en redingote longue, qui entra majestueusement sans rien dire et essuya ses pieds sur le paillasson avec autant de sang-froid que s'il eût été chez lui.
—Envoyez quelqu'un donner un coup de main à mon camarade, voulez-vous, jeune homme, dit l'officier de police. Il est dans le gig pour garder le cheval. Avez-vous une remise où l'on pourrait mettre ce dernier à couvert pour quelques minutes?
Brittles répondit affirmativement en montrant du doigt un petit bâtiment destiné à cet usage.
—Voulez-vous prévenir votre maître que messieurs Blathers et Duff sont ici? dit le premier, passant la main dans ses cheveux et posant une paire de menottes sur la table. Ah! bonsoir, notr'bourgeois! . . . Puis-je vous dire deux mots en particulier, s'il vous plaît?
Ces paroles s'adressaient à M. Losberne, qui parut en ce moment, et qui, ayant fait signe à Brittles de se retirer, fit entrer les deux dames et ferma la porte.
—Voici la maîtresse du logis, dit-il en se tournant vers madame Maylie.
M. Blathers s'inclina respectueusement; et, ayant été invité à s'asseoir, il posa son chapeau à terre, prit un siège et fit signe à Duff de faire de même. Puis ils demandèrent les renseignements les plus minutieux sur l'évènement. Le docteur, qui désirait gagner du temps, leur raconta les détails aussi longuement qu'il lui fut possible. Ils écoutaient avec l'air du plus vif intérêt, comme des gens qui s'y entendent.
—Mais qu'est-ce que c'est donc que ce petit garçon dont parlent les domestiques? demanda Blathers.
—Il est vrai qu'un des domestiques s'est mis dans la tête que cet enfant était pour quelque chose dans l'affaire . . . mais c'est une absurdité . . . il n'y a rien de tout cela.