Cette nouvelle parut intéresser vivement Fagin: il monta sur un tabouret, appliqua son œil au carreau et fut à même de distinguer le sieur Claypole mangeant sa viande et buvant sa bière en compagnie de Charlotte.
—Ah! ah! dit tout bas Fagin se tournant vers Barney, l'air de ce gaillard-là me plaît assez! . . . Il nous serait utile, j'en suis certain! . . . Il comprend à merveille la manière de vous mener la donzelle! Ne fais pas de bruit, Barney, que j'entende ce qu'ils disent!
Le juif appliqua de rechef son œil au carreau, retenant son haleine pour mieux entendre, et l'expression de son visage en ce moment était tout à fait satanique.
—Décidément je veux être un monsieur! dit le sieur Claypole allongeant ses jambes et finissant une conversation commencée avant l'arrivée de Fagin. Je ne veux plus faire de cercueils; j'en ai assez de ça! mais je veux mener une joyeuse vie, et si tu veux, Charlotte, tu seras une dame!
—Je ne demanderais pas mieux, Noé, reprit celle-ci, mais on ne trouve pas tous les jours des tirelires à vider.
—Bah! dit Noé. Il y a bien autre chose que des tirelires à vider!
—Que veux-tu dire? demanda Charlotte.
—Il y a des poches, des ridicules, des maisons, des carrosses, la Banque même . . . est-ce que je sais, moi! dit Noé excité par le porter.
—Mais tu ne peux pas faire tout cela, Noé? dit Charlotte.
—Je verrai à m'associer avec d'autres, s'il y a moyen, reprit le sieur Claypole, ils ne seront pas embarrassés de nous employer d'une manière ou d'autre. Toi-même tu vaux cinquante femmes comme toi! . . .