—Pas loin, te dis-je.
—Mais encore! veux-tu répondre, demanda Sikes, qui commençait à s'échauffer, je te demande où tu vas?
—Je ne sais pas, répondit la fille.
—Eh bien! donc, dit Sikes plutôt par esprit de contradiction que parce qu'il n'avait aucune raison pour l'empêcher de sortir, assieds-toi et ne bouge pas de là!
—Je ne me porte pas bien, je te l'ai déjà dit, observa Nancy; j'ai besoin de prendre l'air.
—Passe la tête par la fenêtre et prends-en à discrétion, reprit Sikes.
—Il n'y en a pas assez là, repartit la fille: j'ai besoin de prendre l'air dans la rue.
—Tu n'iras pas dans la rue! répliqua Sikes. Disant cela, il alla fermer la porte, mit la clef dans sa poche, et arrachant le chapeau de la tête de Nancy, il le jeta sur le haut d'une vieille armoire. Maintenant, ajouta le brigand, je te dis encore une fois de t'asseoir et de rester tranquille, tu m'entends!
—Ce n'est pas un chapeau qui m'empêcherait de sortir, dit la fille en pâlissant. Que signifie cela, Guillaume! Sais-tu ce que tu fais?
—C'est un peu fort! s'écria Sikes se tournant vers Fagin. Il faut qu'elle ait perdu l'esprit, sans quoi elle n'oserait pas me parler ainsi.