Il était sur le point de sortir de sa cachette et il pensait à remonter, quand il entendit un bruit de pas résonner sur la pierre, et bientôt après les voix de plusieurs personnes frappèrent son oreille; il se dressa contre le mur, et respirant à peine, il écouta attentivement.

—Il me semble que c'est assez loin comme cela, dit le monsieur. Je ne souffrirai pas que cette jeune demoiselle descende une marche de plus; il y a bien des gens qui auraient eu trop peu de confiance en vous pour consentir même à venir jusqu'ici! Mais je suis encore complaisant, comme vous voyez.

—Vraiment! vous appelez cela être complaisant! repartit Nancy, vous êtes vraiment sensé! . . . complaisant! Bah! c'est égal.

—Non, mais dites-moi, reprit le monsieur d'un ton plus doux, pourquoi nous avoir amenés dans cet étrange endroit! Pourquoi pas là-haut, où l'on y voit du moins, et où il y a du monde qui passe, plutôt que dans cet affreux coupe-gorge?

—Je vous ai déjà dit que je n'aime pas vous parler là-haut, répliqua la fille frémissant involontairement; je ne sais pas ce que j'ai, mais j'éprouve une telle frayeur, ce soir, que je puis à peine me soutenir. Je ne puis m'en rendre compte, je voudrais le savoir. J'ai été tourmentée tout le jour par de si horribles pensées de mort et de linceuls couverts de sang, j'en ai eu la fièvre. J'ai voulu m'amuser à lire ce soir pour passer le temps, et j'ai vu les mêmes choses dans le livre . . .

—C'est l'effet de l'imagination, dit le monsieur.

—Je n'ai pas pu venir dimanche dernier, répondit la fille; j'ai été retenue par force.

—Par qui donc?

—Par Guillaume, l'homme dont j'ai parlé à Mademoiselle.

—Vous n'étiez point soupçonnée d'avoir eu un entretien avec quelqu'un au sujet de ce qui vous amène ici, je pense?